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Bienvenue dans mon nouveau blog cette fois-ci dédié au contes et légendes que l'on peut trouver dans le monde j'espère qu'il vous plaiera !



Ci-dessus : une chimère

# Posté le vendredi 08 juin 2007 08:42

Les Templiers

Les Templiers
Tout d'abord, commençons par la légende qui a toujours secoué ma ville : Gisors.

En effet, après la seconde guerre mondiale, M.Lhomoy (père de mon ancien voisin), alors gardien du château de Gisors, trouve des pierres et des pièces dans l'antre du Château. De vieilles pièces datant de quelques siècles déjà. Ces morceaux d'histoire sont les effets des Templiers...Qui étaient-ils ? Comment ces pièces se sont retrouvés ici ? Pourquoi n'a-t-on jamais cru M.Lhomoy l'insultant ainsi de fou ?


Les Templiers :


L'ordre du Temple est un ordre religieux et militaire fondé en 1119 en Terre Sainte après la 1ère Croisade, à l'initiative du chevalier champenois Hugues de Payns aidé de quelques preux chevaliers. Le roi de Jérusalem Baudoin II leur octroie pour installer leur siège la mosquée Al-Aqsa, où était anciennement situé le temple de Salomon, d'où leur nom.
La mission initiale de l'Ordre du Temple est de défendre la chrétienté en Orient : assurer la garde des Lieux Saints de Palestine, protéger les pèlerins et les routes menant à Jérusalem.
L'ordre est officialisé par le Pape Honorius II lors du concile de Troyes en 1128 : il bénéficie d'une indépendance totale, morale et financière par rapport aux rois ; les Templiers ont ainsi le privilège de dépendre directement du Pape !

L'organisation, dirigée par le Grand Maître, est la suivante :

- les chevaliers, seuls combattants, sont recrutés dans la noblesse,
- leurs auxiliaires, sergents et écuyers, appartiennent à la bourgeoisie ou au peuple,
- les prêtres assurent le service religieux et les sacrements,
- enfin, des serviteurs et aides divers viennent du bas de l'échelle sociale

Les Templiers contrôlent de 2000 à 3000 commanderies (Domus Templi) en Europe, dont 1200 en France (les chiffres sont variables du simple au double en fonction des ouvrages consultés). On peut citer l'assainissement d'un vaste marécage en bord de Seine à Paris ... quartier qui deviendra le Marais ! Ils mettent aussi en valeur de vastes terrains par leurs travaux agricoles.
De plus, ils construisent de nombreuses forteresses pour contrôler les territoires francs : l'Ordre du Temple et ses Kraks (ou cracs) marqueront alors de leur empreinte le royaume de Jérusalem.

Seule force militaire bien organisée avec une véritable unité de commandement et une discipline stricte, ces moines-soldats encadrent des troupes féodales souvent désordonnées qui formaient les armées des croisades : placés en avant-garde de toutes les attaques, en arrière-garde de toutes les retraites, gênés par l'incompétence ou les rivalités des princes qui commandaient ces armées d'aventure, ils perdront en deux siècles plus de 20000 des leurs sur les champs de bataille !
Les templiers sont animés d'une foi et d'un courage à toute épreuve, et leurs charges de cavalerie sont bien souvent déterminantes durant les combats.

Mais à la suite d'une bataille, les possessions franques de Terre Sainte tombent définitivement entre les mains des musulmans avec la chute de Saint-Jean-d'Acre le 28 mai 1291. Malgré la résistance héroïque des templiers autour du Grand Maître Guillaume de Beaujeu : cet événement met fin à 2 siècles de présence franque en Orient, et le rôle défensif des templiers s'en trouve remis en cause.

A partir du XIVe, les templiers se sont reconvertis de moines soldats en banquiers et ont complètement perdu de vue la reconquête des Lieux Saints de Palestine, quittés en 1291.
L'ordre est devenu immensément riche. Mais la disgrâce n'est pas loin !
La royauté est frustrée de ne pas pouvoir contrôler les templiers : l'ordre devient de plus en plus incompatible avec l'affirmation croissante du pouvoir des capétiens. De plus : le roi est frustré d'avoir essuyé un vif rejet suite à sa demande pour se faire nommer Grand Maître de l'Ordre ! De son côté, Philippe le Bel souhaite la fusion de l'ordre du Temple avec celui des Hospitaliers afin de constituer une force suffisante pour préparer une nouvelle croisade : l'affaire est mise à l'ordre du jour de plusieurs conciles mais son échec résulte de l'entêtement et de l'étroitesse d'esprit du Grand Maître Jacques de Molay.

A la demande de Philippe le Bel, tous les templiers de France sont arrêtés le 13 octobre 1307 à l'aube par les sénéchaux et les baillis du royaume sous des chefs d'inculpation douteux (profanation de la croix, idolâtrie d'une tête de chat, sodomie) : il s'agit d'une opération de police conduite dans le secret absolu par Guillaume de Nogaret, 1ère véritable rafle policière jamais organisée ! Les 140 templiers de Paris sont arrêtés personnellement par Guillaume de Nogaret accompagné de gens d'armes. Rien qu'à Paris, 134 prisonniers sur 140 confirment l'exactitude des accusations ... mais 38 succombent à la torture : on peut donc douter de la sincérité des aveux ! L'opinion publique et le roi lui-même y voient la confirmation de leurs terribles soupçons sur l'impiété des templiers et leur connivence avec les forces du Mal !
Pour extorquer la "vérité" aux prisonniers dans tout le pays, les commissaires royaux utilisent largement la torture : très vite, les résultats des interrogatoires, poursuivis par les inquisiteurs dominicains de l'église mandatés par le Pape, confirment les affirmations de Philippe le Bel sur la corruption de l'ordre.

Depuis le début du procès, les aveux du Grand Maître Jacques de Molay et des autres dignitaires avaient brisé toute velléité de résistance. Aussi, lorsque la commission pontificale demande à l'ordre de présenter des défenseurs, plus de 500 membres du Temple manifestent leur désir de s'exprimer et certains expliquent que la torture est responsable des aveux en confirmant la pureté de leur ordre : la résistance des templiers s'organise !.
Mais sous la pression de Philippe le Bel, le pape Clément V, moins omnibulé par la théocratie prônée par ses prédécesseurs, marque définitivement la fin de l'Ordre du Temple en émettant sa dissolution le 3 avril 1312 ("Ad providam").
Le procès aura duré 7 ans et c'est donc sous l'usage de la torture que les Chevaliers du Temple avoueront les crimes qu'on leur impute.

Au bout de 7 ans d'emprisonnement (dont une partie dans le Château Chinon), Jacques de Molay accompagné d'autres dignitaires de l'ordre sont conduits le 18 mars 1314 devant la cathédrale de Notre-Dame de Paris pour entendre le verdict du procès : la sentence des juges est la prison à vie. Mais Jacques de Molay et Geoffroy de Charnay, précepteur de Normandie, haranguent la foule en disant que leurs aveux ont été volés, que les templiers n'ont commis aucun crime et sont victimes d'une machination : les deux hommes sont alors condamnés au bûcher. Jacques de Molay et son compagnon sont brûlés vif à la pointe de l'île de la Cité le 19 mars 1314 : ils demandent qu'on leur desserre les liens des mains pour pouvoir les joindre en prière.

La légende veut qu'à l'instant de succomber dans les flammes, Jacques de Molay ait lancé une malédiction à l'attention du roi et du Pape : "Pape Clément ! Roi Philippe ! Avant un an, je vous cite à paraître au tribunal de Dieu pour y recevoir votre juste châtiment ! Maudits ! Maudits ! Tous maudits jusqu'à la treizième génération de vos races !"
La malédiction du templier allait s'avérer exacte : Clément V meurt le 20 avril 1314 d'étouffement et Philippe le Bel décède en novembre 1314 d'un ictus cérébral ; ses trois fils mourront dans les 12 années à venir, sans laisser de descendance mâle, mettant ainsi fin à la lignée des Capétiens directs.


La découverte :


C'est pendant la Seconde Guerre Mondiale que M.Lhomoy commence ses fouilles.
Il commence par fouiller au pied de la motte du donjon. Il finit par trouver des excavations qui ne seront autre que les souterrains du château tels que nous les connaissons actuellement. Certain de la présence d'un trésor, Lhomoy décide de reprendre ses travaux dans une nouvelle zone du château. Montant sur la motte et pénétrant dans l'enceinte du Donjon, il décida de dégager le puits du donjon boucher depuis de nombreuses années. Pénétrant à l'intérieur il descend dans son antre. Il descend jusqu'à près de trente mètres de profondeur. Là, au moment le moins attendu, une partie de la paroi s'écroule et blesse Lhomoy.

Mais, certain de son idée, il décide de réaliser une excavation à quelques mètres du puits. Nous sommes en juin 44. Il met un de ses amis dans la confidence, un certain M. Lessenne, qui par la suite deviendra lui-même gardien du château. Ce même Lessenne sera témoin d'une découverte étonnante. Creusant et atteignant près de 16 mètres, Lhomoy met à jour une salle inconnue de 4 mètres sur 4 environ. Hélas, elle est vide. Cela ne fait pas l'affaire du gardien qui décide de poursuivre. Avant, il rebouche la salle. Puis sans raison valable, il se remet à creuser, mais à l'horizontale sur une distance de prêt de 9 mètres. Il est aisé d'imaginer les conditions de travail. Telle une taupe, il creuse une nouvelle galerie verticale qui atteindra environ 4 mètres. En finalité, il se trouve à environ 21 mètres de la surface du Donjon.
Nous sommes courant mars 46. Et puis un jour, Lhomoy prend la barre à mine qui lui sert à creuser ; frappe et voit apparaître des pierres en appareil. Il comprend qu'il se trouve devant un mur.

Dégageant la terre il découvre une structure bâtit de moellons de pierre taillée. Il dégage les joints de l'une des pierres et finit par la pousser. Il ose à peine croire ce que ses oreilles lui font entendre. Un écho ! Est-ce la victoire ? Lhomoy dégage l'orifice. Il se rend compte qu'il se trouve devant le mur d'une salle de grande dimension. Il tente de l'éclairer mais son équipement précaire ne lui permet pas de tout voir. Il s'introduit dans la salle et là, il croit que son c½ur va s'arrêter. Laissons-lui la parole, tel que le fit Gérard de Séde dans son livre, « Les Templiers sont parmi nous ! » : « Ce que j'ai vu à ce moment là, je ne l'oublierai jamais, car c'était un spectacle fantastique. Je suis dans une chapelle Romane en pierre de Louveciennes, longue de trente mètres, large de neuf, haute d'environ quatre mètres cinquante à la clef de voûte. Tout de suite à ma gauche, près du trou par lequel je suis passé, il y a un autel, en pierre, lui aussi, ainsi que son tabernacle. A ma droite tout le reste du bâtiment. Sur les murs, à mi-hauteur, soutenus par des corbeaux de pierre, les statuts du Christ et des douze apôtres, grandeur nature. Le long des murs, posés sur le sol, des sarcophages de pierre de 2 mètres de long et de 60 centimètres de larges : il y en a 19. Et dans la nef, ce qu'éclaire ma lumière est incroyable : trente coffres en métal précieux, rangés par colonnes de dix. Et le mot coffre est insuffisant : c'est plutôt d'armoires couchées qu'il faudrait parler, d'armoires dont chacune mesure 2,20 m de long, 1,80 m de haut, 1,60 m de large. »

La découverte de Lhomoy est incroyable ! Elle appuie la légende et la confirme ! Il décide d'en parler au Maire de Gisors qui envoie une délégation sur les lieux afin d'être sûr de l'affirmation de l'homme ! Un représentant du Département, justement en mairie ce jour là, déclare : « Messieurs vous avez devant vous l'½uvre d'un fou ! » Seul un certain Emile Beyne, ancien officier du Génie, accepte de s'introduire dans le boyau. Il ira presque au bout des excavations de Lhomoy. Mais devant le risque encouru et le manque d'air il se cantonne à envoyer des pierres dans l'orifice et constate que « cela résonne ».

D'autorité, et sans même tenter la moindre fouille, les excavations de Lhomoy seront rebouchées. Il tentera durant de nombreuses années à se faire entendre, tant auprès de la municipalité, qu'auprès du département.




Alors convaincu ou pas ? Y a-t-il toujours eu des pièces et le trésor des Templiers enfoui sous le Château de Gisors ? Seul l'avenir nous le dira...

# Posté le vendredi 08 juin 2007 09:25

L'ours

L'ours
Conte de Laponie

Co
mment le premier ours a-t-il perdu sa queue ?

L'air satisf
ait, le renrd dégustait tranquillement une truite arc-en-ciel volée une heure plus tôt dans la réserve d'un Lapon. Voilà bien longtemps qu'il n'avait fait un tel repas, et il prenait son temps, goûtant chaque bouffée afin de mieux apprécier ce mets délicat.

Un ours, qui passait dans les environs, sentit l'odeur du poisson et se détourna de son chemin. Il s'était fait surprendre par l'hiver et errait le ventre vide et la queue basse, car l'ours, en ce temps-là, portait une longue queue touffue, un panache harmonieux proportionné à sa lourde silhouette, qui n'avait rien à envier à celui du loup ou du renard.

Quand il
vit le renard savourant sa truite, l'ours eut d'abord envie de foncer pour s'emparer du poisson; mais les renards ont l'ouie fine et celui-là avait déjà repéré l'ours. D'autre part, à la course, les ours n'ont aucune chance contre les renards...Aussi, notre ours préféra-t-il parlementer. Il demanda poliment au renard de lui faire goûter une bouchée, une toute petite bouchée de son poisson.

"V
oilà si longtemps que je n'en ai pas manque j'en ai oublié le goût", supplia-t-il d'un air pitoyable.
Le renard rép
ondit par un ricanement puis il ajouta :
"
Si tu veux manger du poisson, fais comme moi, va le pêcher !
- Pêcher, dit l
'ours, par un temps pareil ? Les étangs, les lacs, les rivières sont tous recouverts de glace...
-
Justement, c'est la période idéale", rétorqua le renard.

Et, comme l'ours le regardait d'un air ahuri, il poursuivit d'un ton doctoral :
"T
u vois, ours, on dit beaucoup de mal de nous les renards. Pourtant, je vais te prouver que nous ne méritons pas la mauvaise réputation qui nous est faite...En effet, je vais t'apprendre comment pêcher en hiver...Ecoute-moi bien et retiens ce que je te dirai."

L'ours ou
vrit toutes grandes ses petites oreilles pour ne pas perdre une seule parole du renard.
"Pour pêche
r en hiver, dit celui-ci, il faut d'abord que tu choissises une nuit claire, quand le ciel scintille d'une multitude d'étoiles. Dirige-toi versun lac ou un étang et creuse un trou dans la glace. Attirés par les étoiles, les poissons viendront. Alors, n'hésite pas et plonge ta queuedans l'eau, même si elle est très froide, et attends. Tu sentiras peu à peu les poissons s'accrocher à ta queue. Quand ils seront suffisamment nombreux pour que tu fasses un bon repas, retire-là...et là le tour sera joué ! Tu vois, ce n'est guère difficile !
- En
effet, dit l'ours, n'importe quel animal, même le plus stupide, pourrait en faire autant.
- Même l
e plus stupide, reprit le renard, à condition toutefois qu'il possède une longue queue."
La nuit suiva
nte fut aussi glacée que les précédentes. Le ciel était tout illuminé d'étoiles. Malgré le froid mordant, l'ours, tenaillé par la faim et poussé par l'espoir de trouver enfin de la nourriture, n'hésita pas à mettre le museau dehors. Il gagna le lac le plus proche de sa tanière. Il connut quelques difficultés pour briser la glace tant elle était épaisse. Puis, courageusement, il se retourna et plongea sa longue queue dans l'eau glacée. Il grelottait, claquait des dents...Mais avait-il le choix ?

R
ien ne venait troubler le silence de la nuit. L'ours, transi, attendait...Soudain, il perçut une ombre qui s'approchait du lac. Il reconnut son nouvel ami, le renard.
"Toi au
ssi, tu viens à la pêche ? demanda l'ours
- Non, p
as cette nuit, j'ai assez de poissons dans mes réserves, je passais seulement par hasard. Je vois que tu as bien suivi mes conseils, c'et une nuit magnifique pour pêcher.
- Je
sens ma queue devenir lourde...
- Les
premiers poissons arrivent. Encore un peu de patience !
- M
a queue devient de plus en plus lourde. Si j'attends trop longtemps, je ne pourrai plus la retirer...
- Ne t'inquiète
pas, je serai là pour te donner un coup de main. Mieux vaut faire des provisions pour plusieurs jours.
- Cette fois,
elle est vraiment pesante..."

Le renard,
comprenant que la queue de l'ours était entièrement prise par la glace, partir alors à toute allure vers le vilage le plus proche. Là, il fit le plus de tapage possible, affolant la volaille, réveillant les chiens...et les Lapons du lieu. Ce fut bientôt une panique générale. Chacun choisit une arme et se précipita vers le renard qui, curieusement, ne paraissait gre effrayé. Au contraire, il semblait prensque attendre la troupe lancée à ses trousses. Il la précédait sans forcer l'allure. Le perfide animal conduisit ses poursuivants vers le lac où l'ours se trouvait prisonnier de la glace. Quand les hommes aperçurent l'énorme bête, ils se ruèrent sur elle, oubliant le renard.

H
arcelé par les chasseurs et les chiens, l'ours se débattait comme un beau diable. Il tira tant et tant sur sa queue coincée dans la glace qu'elle finit par céder. L'ours put ainsi échapper à ses agresseurs...mais en abandonnant son plus bel ornement !

C'
est pourquoi, dit-on chez les Lapons, les ours portent aujourd'hui une queue ridiculement courte...
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# Posté le vendredi 08 juin 2007 12:44

La bête du Gévaudan

La bête du Gévaudan
Voici maintenant un conte français. Qui ne connait pas la fameuse histoire de la Bête du Gévaudan ? Voici un bref résumé avant de narrer l'histoire de sa poursuite.


En 1764, le Gévaudan est ravagé par la terreur : une bête mystérieuse égorge et tue femmes, enfants et vieillards...Le Roi en personne envoie son Grand Louvetier et ses soldats vaincre le monstre....
"Qui croire? Un homme a vu la Bête traverser la rivière à gué sur les deux pattes de derrière : pour lui, ce ne peut être qu'un singe ou un loup-garou. Un autre prétend qu'elle a la gueule presque semblable à celle d'un lion, mais bien plus grande. Il faudrait pouvoir vérifier tous ces dires, mais, pour l'instant, qui a vu de trop près la Bête s'est fait dévorer..." Cette Bête qui a fait connaître le Gévaudan jusqu'en Allemagne et en Hollande n'est pas un mythe : les documents les plus officiels prouvent qu'elle a fait au moins une centaine de victimes, sans compter les blessés.



LA BÊTE DU GEVAUDAN-conte français.


La bête tressaillit : depuis un instant, elle suivait des yeux une silhouette encore minuscule qui grimpait le long du sentier. D'un pas souple et silencieux, elle escalada un rocher surplombant le chemin où sa proie devait passer : immobile, une lueue fixe dans le regard, elle attendit...La petite Jeanne eut à peine le temps de voir bondir la Bête sur elle, trop puissante et rapide pour qu'elle pût esquisser une défense. Elle s'appelait Jeanne Boulet, avait quatorze ans en cette année 1764 et habitait le hameau des Ubats, dans les montagnes du Gévaudan. Lorsque les villageois retrouvèrent son corps à demi dévoré, ils accusèrent les loups, nombreux dans la région et parfois responsables de drames semblables. "Prenez bien garde, dirent-ils une fois de plus à leurs enfants, ne vous attardez pas dans les bois."
Hélas, dans les semaines qui suivirent, plusieurs autres enfants périrent de la même manière et l'on se demanda si de simples loups étaient capable d'un tel massacre. L'inquiètude grandit. Quelle était donc cette mystérieuse Bête qui avait élu domicile dans les montagnes du Gévaudan ? Elle semblait insaisissable, frappant tantôt au nord, tantôt au sud, au cours de la même journée. Un jour de septembre, la Bête s'enhardit jusqu'à attaquer une femme qui travaillait près de sa maison. Alertés par les cris, les voisins armés d'outils la mirent en fuite, mais sans pouvoir sauver la malheureuse paysanne.
"Comment est la Bête ? demanda-t-on aux hommes qui l'avaient aperçue.
- Elle est énorme et a le poil sombre...Et pour sûr cette Bête est rapide ! Elle a filé comme une flèche !
- Regardez ! s'écria ll'un des hommes d'une voix encore tremblante. Des empreintes !"
Sur la terre meuble, les larges pattes griffues avaient laissé plusieurs traces profondes. Chacun frissonna de peur : ce n'était certainement pas celles d'un loup ! La Bête devait être d'une taille et d'une force peu communes !
Tous les témoignages concordaient : il s'agissait, à coup sûr, d'une créature cruelle, diaboliquement rusée, qui, évitant d'affronter les hommes adultes, s'attaquait aux femmes et aux enfant. Alors, avec meutes, chiens et rabatteurs, on organisa de gigantesques battues, au cours desquelles on tua plus de 70 loups, dont un très gros au poil presque noir : mais était-ce bien le coupable ? Hélas non, car la Bête reparut après.
Un jour pourtant, en écrasant de tout son poids un jeune garçon qu'elle avait projeté à terre, la Bête se planta la lame d'un coutelas dans le flanc : elle prit aussitôt la fuite et on s'en crut débarrassé. Faux espoir, car quelque temps après, dans la cour d'une ferme, elle sautait sur un garçonnet qui venait de remplir sa cruche à la fontaine; par bonheur, de courgaueses lavandières qui se trouvaient à proximité saisirent leurs battoirs à linge et en frappèrent la Bête, qui finit par lâcher sa proie.
"C'est un monstre épouvantable ! dirent-elles. Aussi gros qu'un taureau d'un an !"
Ceux qui avaient pu voir la Bête de près en firent une étrange description : de sa gueule très large dépassaient de longues dents; sa fourrure rougeâtre était rayée d'une bande noire sur l'échine, sa queue longue et touffue ressemblait à celle d'un cheval, tandis que son museau évoquait celui d'un sanglier. Impossible de soutenir son regard tant il flamboyait de cruauté ! Certains l'avaient vue marcher debout sur ses pattes arrière, comme un homme ! D'autres l'avaient entendue rire et en étaient restés muets d'apouvante. Elle se déplaçait en faisant des bonds de plus de dix mètres de long ! Une fois, on l'avait même surprise près d'une maison, accoudée à la fenêtre !
Noël approchait : un triste Noël car cela faisait plus de six mois que la Bête exerçait ses ravages. Sa tête avait pourtant été mise à prix : le roi Louis XV et l'évêque de Mende avaient même offert une prime de 10 000 livres à qui débarasserait la région de ce fléau. Mais rien à faire, elle échappait à tous les traquenards ! Alors, pour en finir, on avait fait appel à l'armée : une compagnie de dragons s'était installée à Saint-Chélt-d'Apcher. Mais ces cavaliers faisaient autant de dégâts que la Bête : il fallait les loger, les nourrir, eux et leurs chevaux ! Et pour tout remerciement, le capitaine jetait en prison les hommes qui n'avaient pas le temps de participer aux battues !
"On se moque de nous ! grognaient les paysans. Comment espérer tuer la Bête alors que nous n'avons pas le droit d'avoir des fusils ! Nous autres, nous ne sommes bons qu'à jouer les rabatteurs ! Et qui touchera la prime ? Un riche, ou un étranger !"
"Cette Bête-là, on ne l'aura qu'avec des balles bénites !" murmuraients certains.
Le dimanche, après la messe, malgré la neige de l'hiver, des attroupements s'attardaient devant les églises. "Où est la Bête ?" se demaindait-on l'un à l'autre, en espérant qu'elle aurait enfin quitté la région. Un jour, les fidèles sortirent encore plus inquiets : Moseigneur l'évêque avait dit que la Bête avait été envoyée par Dieu pour punir son peuple ! "Tout cela, c'est la faute des protestants", ajoutèrent quelques catholiques apeurés...Pendant que les hommes, désorientés par la peur, perdaient espoir, la Bête mystérieuse continuait ses méfaits...

# Posté le lundi 11 juin 2007 15:21

Les Lions bleus

Les Lions bleus
LES LIONS BLEUS-Conte d'Afrique :



Les lions bl
eus vivaient au fond du grand fleuve. Armés de pattes puissantes terminées par des mains d'hommes, ils partaient en chasse toutes les nuits pour tenter de satisfaire leur féroce appétit. Dans leur repaire, dissimulé derrière un rideau d'algues, s'alignaient des jarres, véritables garde-manger, au fond desquelles ils enfermaient leurs prises.
Un soir, l'un d
'entre eux, quittant son sinistre repaire, découvrit un nouveau-né qui flottait entre deux eaux. Celui-ci était encore en vie, car dans ce fleuve magique, on ne se noyait jamais. Le lion bleu s'empara donc de l'enfant et l'enferma dans une jarre.
Ce bébé était
le fils d'une pauvre femme abandonnée par son mari. Désespérée, elle se jeta à son tour dans le fleuve, sans que les villageois présents aient pu la retenir. Alors ils coururent prévenir le mari infidèle, qui vivait non loin de là. Pris de remords, il décida de partir aussitôt à la recherche de sa femme et de son fils. Par précaution, avant de sauter dans le fleuve, il se munit d'une corne magique de ngona qu'il attacha sur son dos.
A la tombée de la nuit, l'eau devint sombre mais, grâce à la corne lumineuse, l'homme put apercevoir des traces laissées sur le fond par les pas de sa femme. Bientôt il la rejoignit. La prenant tendrement par la main, il marcha avec elle en direction du repaire des lions bleus. A mesure que le couple s'en approchait, le paysage se faisait plus sinistre, et tous deux tremblaient à l'idée de voir un lion surgir d'un buisson d'algues. Il leur fallait faire vite pour délivrer leur enfant avant que ces monstres ne rentrent de la chasse. "Pourvu qu'ils aient tous quitté leur antre !" pensaient les pauvres parents en se serrant un peu plus fort la main pour se donner du courage.
Enfin i
ls pénétrèrent dans l'horrible repaire. Hélas, quelle ne fut pas leur déception ! Devant eux s'alignaient de nombreuses jarres, toutes identiques : comment découvrir rapidement qui emprisonnait leur fils ? Perdant tout espoir, la mère se mit à sangloter, mais son mari lui montra la corne de ngona. L'ayant détachée de son dos, il la pointa en direction des jarres en répétant : "Corne magique ! Dis-moi où est caché mon fils !" Aussitôt la point de la corne s'immobilisa devant la dernière jarre de la troisième rangée, tandis qu'une petite voix inconnue murmurait : "Dans cette jarre ! dans cette jarre !" L'enfant était bien là, sain et sauf. Fous de joie, ses parents le délivrèrent.
"Maintenant s
auvons-nous vite !" s'écria le père. Mais c'était trop tard : un lion bleu se tenait à l'entrée du repaire, leur interdisant le passage. C'était un vieux mâle revenu plus tôt de la chasse. Tout à la joie des retrouvailles, les parents ne l'avaient pas entendu approcher. "Entrez tous trois là-dedans ! leur ordonna le lion en désignant l'une des jarres. Nous vous mangerons demain !"
Alors
que la jeune femme les croyait perdus, son mariussit, malgré l'étroitesse de leur prison, à empoigner la corne de ngona. Successivement, il en dirigea la pointe vers son fils, son épouse et lui-même. En un clin d'oeil, tous trois devinrent si petits qu'ils purent sans difficulté pénétrer dans la corne magique pour s'y cacher.
Les
lions bleus rentrèrent de la chasse à l'aube. Aussitôt, ils se précipitèrent autour de la jarre que leur désignait fièrement le vieux mâle. L'appétit aiguisé, ils se léchaient déjà les babines. D'un coup de crocs, le chef ouvrit l'énorme vase. Un rugissemtn de déception monta de la troupe : au lieu de trois humains appétissants, la jarre ne contenait qu'une vulgaire corne absolument immageable ! De rage, l'un des lions la mordit violemment. Alors qu'il croyait la brsier comme un fétu de paille, c'est lui, au contraire, qui s'y cassa les crocs ! Furieux, il recracha ses dents et la corne magique, d'un mouvement si brutal que celle-ci fut propulsée hors de l'eau et retomba sur la berge. La petite famille était sauvée ! Se glissant hors de leur cachette, tous trois reprirent leur taille normale et rentrèrent au village, où ils furent fêtés en héros, car il était rare de voir les lions bleus et plus rare encore de leur échapper.

# Posté le mardi 12 juin 2007 15:28